Les facteurs génétiques

6 % des cancers du sein sont attribuables à une mutation génétique. L’expression de ces gènes puissants (transmission autosomale dominante) ne semble pas modulée par des facteurs environnementaux.

On divise cliniquement les femmes à risque de cancer du sein en deux groupes, celles à risque faible et celles à risque élevé, ce deuxième groupe étant lui même divisé en deux sous-groupes, les femmes à risque élevé et les femmes à risque très élevé, essentiellement en lien avec des mutations génétiques.

Les facteurs génétiques ci-dessous augmentent de façon importante (risque très élevé) le risque de cancer du sein:

- Mutation BRCA 1 ou 2 

- BARD1 (impliqué dans le BRCA1/2)

- STK11 (Peutz-Jeghers)

- PTENC (Syndrome d'hamartome tumoral)

- CDH1 (Syndrome du cancer gastrique diffus)

- PALB2/BRCA2 

- CHEK2 (kinase 2)

- Variante 1100delC

- Mutations RAD51C et D

 

Le tableau ci-dessous chiffre le niveau de risque de cancer du sein à vie selon la mutation génétique en cause, 

 

 

Risque à vie de cancer du sein avec une mutation génétique1234
Gène  Risque à vie  Niveau de risque 
BRAC1 60-80% Très élevé
BRAC2 55-75% Très élevé
PALB2 35-60% Élevé
PTEN 40-85% Très élevé
STK11 32-54% Élevé
CDH1 37-55% Élevé
BARD1 20-40% Modérément élevé
CHEK2 20-40% Modérément élevé
CHEK2 1100delC 25-45% Modérément élevé
RAD51C 17-30% Modéré
RAD51D 20-40% Modéré

 

Chez les femmes porteuses des mutations BRCA l'ovariectomie prophylactique diminue de façon significative le risque de cancer du sein (50% avec la mutation BRCA 1), surtout lorsque effectuée de façon précoce.

Ces cas complexes devraient être suivis en spécialité en raison du risque augmenté et de la complexité du suivi.  Si l’histoire familiale le suggère, après discussion avec la patiente, on pourra référer celle-ci à un centre tertiaire capable d’évaluer plus précisément ce risque puis, au besoin, effectuer le dépistage des facteurs génétiques. On doit, avant de référer les patientes, les informer des conséquences physiques et psychologiques qui pourraient découler d’un dépistage génétique positif : selon les données actuelles, une fois informées, seulement 50 % des patientes acceptent de subir ces examens 5.

Les candidates à cette évaluation génétique sont les femmes dont plusieurs membres de leur famille auraient été atteintes à un jeune âge de cancers du sein et des ovaires, celles dont le père ou un frère aurait eu un cancer du sein ou celles dont la mère ou une sœur aurait eu un cancer du sein bilatéral. Les femmes juives ashkénazes sont particulièrement à risque : on propose actuellement le dépistage génétique à toutes celles qui auraient eu une parente du premier degré atteinte d’un cancer du sein ou des ovaires.

Des modèles de calculs de probabilité de risque sont utilisés par les cliniques génétiques pour déterminer quelles femmes seraient considérées à risque très élevé. Les patientes ainsi identifiées seront alors suivies à vie, en spécialité, par des examens rapprochés. Certaines subiront même des chirurgies préventives (mastectomie, ovariectomie) 6.

  • 1. NCCN Genetic/Familial High-Risk Assessment: Breast, Ovarian, Pancreatic (2025).
  • 2. Kuchenbaecker KB et al. JAMA. 2017;317:2402-2416.
  • 3. Hu C et al. N Engl J Med. 2021;384:428-439.
  • 4. Yang X et al. J Clin Oncol. 2020;38:2080-2091.
  • 5. Biesecker, BB, Ishibe, N, Hadley, DW et al. Psychosocial factors predicting BRCA1/BRCA 2 testing decisions in members of hereditary breast and ovarian cancer families. Am J Med Genet 2000; 93 :257
  • 6. The Medical Letter on Drugs and Therapeutics. BRCA Screening. Vol 49 ( no 1274); 2007; pp 93-94
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